Lectures de l’été : florilège

Lectures en pagaille durant l’été : j’ai dévalisé la Bibliothèque Municipale de mon lieu de villégiature. Beaucoup de polars, un peu de romans contemporains… je varie difficilement les plaisirs littéraires. Florilège et impressions.

Les Falsificateurs par Antoine BELLO : Sliv est agent spécial du CFRC (Consortium de Falsification du Réel), organisation secrète internationale qui tente d’influer sur l’histoire de l’humanité. On se laisse prendre au jeu de la lecture de ce roman paranoïaque. Une touche d’anticipation, une légère (très légère) touche de romance et des complots à la pelle… Et si Laïka n’était jamais allée dans l’espace ?

Les Eclaireurs par Antoine Bello : la suite du roman précédent. Que l’on s’empresse de lire pour comprendre la finalité du complot. Le roman débute en 2001 ; le CFR existe toujours, et Sliv continue d’inventer des chapitres de l’histoire passée ou en cours et de fabriquer de fausses ­preuves pour les étayer. Les attentats du 11 septembre font tout basculer et nous avec.

Du passé faisons table rase de Thierry Jonquet. Brulôt politique que Jonquet publia pour la première fois en 1982 sous le pseudonyme de Ramon Mercader (l’assassin de Trotski). On entre là dans les arcanes sombres et peu catholiques du Parti avec un grand P. Méthodes violentes, expéditives et staliniennes, meurtres non élucidés, écoutes téléphoniques, militants au passé tortueux : tout y est . On appréciera ou non ce docu-fiction politique. Toutefois, l’écriture est violente, à l’image des polars plus tardifs de Thierry Jonquet. Décidément, cet auteur me surprend encore…

Gomorra : dans l’empire de la Camorra de Roberto Saviano. Le film éponyme m’avait laissé un goût étrange dans la bouche. Naples, j’y suis allée. Je n’ai rien vu de tout ça, même si parfois, on sent la ville qui vibre et palpite différemment. Le livre est un couperet ; on imagine mal comment la Pieuvre a pu ainsi s’insérer, s’infiltrer partout. Combien elle pèse dans l’économie internationale. Ou plutôt si, on comprend et ce n’en est que plus glaçant.

Slam de Nick Hornby. Rangé sur les rayons adultes car l’éditeur, Plon pour ne pas le citer, en a décidé ainsi. Ancienne documentaliste du secondaire, je l’aurai volontiers proposé à la lecture pour des collégiens ou lycéens. Slam, c’est l’histoire de Sam, jeune ado de 15 ans, passionné de skateboard et de filles évidemment. Sa mère, qui l’a eu très jeune – seize ans pour être précise – , lui serine sans arrêt de ne pas répéter la même erreur… La première partie m’a plutôt amusée car l’écriture est vive et spontanée. La seconde partie, quand Sam se retrouve confronté à une paternité prochaine, m’a trop fait penser au film Juno pour me faire apprécier complètement le roman. Appréhender une grossesse adolescente sur un mode bisounours, ça me déplaît fortement, et pour des tas de raisons. Alors, livre à conseiller à des ados mais pas sans discussion !

Des vents contraires de Olivier Adam. J’avais assisté à une rencontre à la Bibliothèque de Villejean et j’avais trouvé le personnage intéressant. J’avais lu Falaises et beaucoup apprécié. Par contre, là, je me suis forcée pour finir Des vents contraires. Cette histoire somme toute tragique d’un homme dont la femme a disparu et qui tente de reconstruire sa vie et celle de ses deux enfants en emménageant à Saint-Malo, m’a laissée de marbre. Parce qu’il se plaint ; parce que son absence de deuil est insupportable ; parce que ses attitudes inconscientes m’ont agacée. De marbre, finalement peut-être pas mais cette lecture m’a procuré plus de désagréments qu’elle ne m’a procuré de plaisirs littéraires. Restent les descriptions de St Malo en hiver sous le froid et la pluie : simplement magnifiques.

La part des chiens de Marcus Malte. Un roman étonnant, ciselé, violent et poétique. Un cirque, des enfants, des constellations gravées à même la peau, un amour puissant et insondable. Un départ, une étoile filante, une recherche, se transformant en quête sanguinaire et violente… Beau, très beau.

Sukkwan Island de David Van. Un Into the wild familial qui tourne mal. J’aime ces romans américains dédiés à la beauté et la sauvagerie des grands espaces. Où les humains, vulgaires fétus de paille, sont confrontés à leurs faiblesses et leurs travers les plus enfouis. La quatrième de couverture est éloquente : « Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin. » Un huit-clos au milieu des grands espaces de l’Alaska : surprenant. Un premier drame qui nous étonne car pas consacré à celui auquel on pensait. Puis un second drame, morbide à souhait. Et enfin, un dénouement, encore plus pervers. L’humanité n’a rien de réjouissant. L’homme est un loup pour lui-même et pour ses congénères…

L’infamille de Christophe Honoré. Il m’arrive rarement de fermer un livre avant de l’avoir lu complètement. Celui-ci pourra se vanter de figurer sur la liste des romans que je n’aurai jamais pu lire entièrement. Voilà ce que j’ai écrit sur mon carnet de notes de lectures post-rejet : « Beurk. Phrases courtes, lapidaires. Asphyxie. »

L’immeuble Yacoubian d’Alaa El Aswany. Ou comment  découvrir la vie au Caire entre 1930 et 1950 grâce aux  habitants d’un immeuble, personnages hauts en couleurs. Une  ambiance colorée, épicée, grouillante, vibrante et torride. Qui  donne grandement envie de s’embarquer pour Le Caire… Et de lire un peu plus de littérature égyptienne.

L’élégance du hérisson de Muriel Barbery. Je n’aime pas lire les romans à succès en même temps que tout le monde. Je n’ai donc lu ce roman que quatre ans après sa sortie et les vagues de critiques positives auprès de son lectorat. Et j’ai aimé ce livre. J’ai aimé ses personnages singuliers. J’ai ri du cocasse de situation et des descriptions de la faune vivant dans cet immeuble. Et puis, j’ai versé une larme à la fin, ou presque. Je me suis retrouvée avec les yeux tout embués dans ce TGV qui me ramenait à Rennes après mon WE à Rock en Seine. De la fatigue peut-être, mais des émotions sûrement. Un effet Caliméro indubitable : la vie est vraiment trop injuste.

A rajouter à cette longue litanie :

Skin et Tokyo de Mo Hayder, dont j’ai parlé par ici. Et La Forêt des ombres de Franck Thilliez, dont j’ai parlé par .

Également amorcée, ma lecture de La fin des temps de Haruki Murakami a malheureusement pris fin avant d’avoir achevé le pavé pour cause de retour à Rennes. Ne me reste plus qu’à le trouver sur place pour finir de le dévorer !

Comment ça je suis une drogué de lecture ? ;-)

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7 réflexions au sujet de « Lectures de l’été : florilège »

  1. Pascal

    Droguée de lecture ?
    Je pense que le terme de droguée est encore trop faible :]
    Très intéressante pour moi cette note puisque’elle regroupe pas moins de 4 ouvrages que j’ai en ligne de mire !

    Répondre
    1. LeeZen Auteur de l’article

      Bah entre l’addiction personnelle et la déformation professionnelle, je ne sais pas trop comment définir ce besoin vital de lecture ! Et je veux bien avoir ton retour sur tes prochaines lectures par contre…

      Répondre
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  3. karleyn

    Super, ce florilège, Lisenn !
    J’ai lu aussi l’élégance du hérisson « en retard » et assez dubitative… Mais finalement, j’ai beaucoup aimé aussi ces personnages tellement improbables qu’il ne peuvent être que vrais !
    Les autres livres de ton été, je ne connais pas… Mais j’ai bien envie de lire « la part des chiens » !

    Répondre
    1. LeeZen Auteur de l’article

      Oui tu as raison, ces personnages doivent être vrais. Et ça me réconcilie avec certains de mes congénères du coup ! POur La part des chiens, n’hésite pas, surtout si tu connais Jonquet par ailleurs. Ce roman est vraiment étonnant.

      Répondre
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